Grève des enseignants du public au Togo

(actualisé le ) par Catherine, présidente

Des mails de Martine, la Directrice pour nous éclairer sur la situation, espérons que celle-ci se règle bientôt de manière consensuelle.

mail du 06/03/2012

Bonjour Catherine,

Les écoles publiques et confessionnelles sont reparties en grève hier parce que les primes promises par le gouvernement n’ont pas été données à tous les enseignants. Ceux qui ont perçu les 120 000F CFA font une grève de solidarité avec ceux qui ne les ont pas reçus. Le gouvernement a promis que les autres l’auront à la fin du mois de mars, mais personne ne comprend comment certains ont pu être payés et d’autres non. Cette année est vraiment inquiétante. Pour le moment les cours continuent normalement dans les écoles privées laïques comme Yanfouom.

Je vous embrasse,

Madame SINANDJA Moni Martine

mail du 21/02/2012

Bonjour Catherine,

Ce mail juste pour te dire que les cours ont repris ce lundi dans toutes les écoles. La semaine dernière nous avons travaillé à Yanfouom comme dans toutes les écoles privées laïques sans problème. Les écoles confessionnelles étaient en grève comme les écoles publiques.
Des promesses ont été réitérées aux enseignants, mais il semble que ce n’est pas pour fin février.
Fin mars, la grille indiciaire sera revue à la hausse, avec là un rappel depuis janvier 2012.

La chaleur s’annonce ; hier nous avons eu la pluie des mangues, qui est arrivée un peu tôt.

Je vous embrasse,

Madame SINANDJA Moni Martine

mail du 07/02/2012

Bonjour Catherine,

Pour le moment, la grève est levée, mais elle plane encore puisque les promesses faites aux enseignants du public ne sont pas encore tenues.

De quoi s’agit-il exactement ?

La rentrée scolaire 2011-2012 était prévue pour le 13 septembre 2011. Des périodes comme la rentrée scolaire, les examens... sont des moments privilégiés pour les enseignants de se faire entendre par le gouvernement. Cette année donc, les enseignants du public (payés par l’Etat) envisageaient de faire une grève à ce moment. Le gouvernement a vite fait de repousser la date de la rentrée. Nous sommes rentrés le 3 octobre. Tout le monde pensait que des dispositions avaient été prises pour répondre aux doléances des enseignants qui demandaient de meilleures conditions de travail, mais rien n’a été fait. C’est ce qui a débouché sur la grève de 2 semaines que nous avons connue, une semaine à la fin du 1er trimestre en décembre et une autre au début de janvier, à la rentrée des congés de Noël.

Le Gouvernement a promis de verser 120 000F CFA à chaque enseignant du public, mais rien n’est encore fait. Et si rien n’est fait, une autre grève va être lancée ce mois de février. Nous n’en connaissons pas encore la date.

Maintenant quels impacts sur Yanfouom ?

-  La rentrée a eu lieu 3 semaines après la date prévue ; j’ai commencé à payer les profs à partir de la date effective de reprise des cours. Ce qui leur a fait perdre 3 semaines de salaires. Ils ont demandé que je leur paie ces jours, mais je ne pouvais pas, faute de moyens bien sûr.

- Nous sommes une école privée ; mais le 2ème jour de la grève de décembre, ce sont les élèves des écoles publiques qui sont venus déloger nos élèves ; ils ne pouvaient pas supporter que certains élèves aient leurs cours et eux non. Ceci a été fait dans toutes les écoles privées, laïques ou confessionnelles. A Yanfouom, il n’y a pas eu de dégâts, mais dans certaines écoles privées où les dirigeants ont voulu s’opposer aux manifestants, il y a eu des dégâts : casse, copies des élèves déchirées, élèves et enseignants battus,.....A Yanfouom une élève de 3ème a quand même eu ses verres médicaux cassés.

- Les enseignants du public font la grève pour demander l’amélioration de leurs conditions ; si cela est pris en compte, ils seront les seuls à en bénéficier. Les enseignants du privé, surtout laïc, ne peuvent rien attendre de l’Etat.

- J’ai payé les 2 semaines de grève aux enseignants ; je ne pouvais pas leur refuser ce salaire car ils étaient en classe quand les élèves du public sont venus les déloger. Si les grèves se poursuivent, est-ce que je pourrai toujours payer les enseignants ? Si je les paie, et que l’année est prolongée, comment vais-je m’en sortir quand je sais que souvent je termine de justesse l’année pour ce qui est le paiement des salaires ? Si au pire des cas, l’année venait à être blanche, que faire des écolages ont été perçus et dépensées !

- Quand nous avons fait le conseil de fin du 1er trimestre à Yanfouom, nous avons constaté que les notes des élèves avaient beaucoup baissé en compositions puisque les compos ont eu lieu juste après la grève pour le collège, le lycée avait même dû interrompre ses compos et les ont repris une semaine après quand la grève a été levée. Le même constat a été fait dans toute la région, puisque j’étais au conseil de fin du 1er trimestre organisé par l’inspection et qui a regroupé tous les chefs d’établissements de la région le vendredi 3 février 2012.

- Ceci nous a amené à multiplier les cours de soutien et même les cours de répétition pour certains élèves, selon nos moyens. Mikke nous avait donné un peu d’argent pour ça ; cet argent peut permettre ces cours pendant encore 2 mois. Certains élèves ont eu du mal à se remettre au travail et cela alourdit le travail pour les profs.

- L’argent de Mikke m’avait permis aussi de donner une prime à chaque enseignant juste avant d’aller en congés de Noël, ce qui a été très bien accueilli par moi même et par tout le personnel). .

Je peux t’avouer que cette situation ne me laisse pas tranquille. Nous souhaitons tous que le gouvernement trouve des solutions durables aux doléances des enseignants.

Un peu de votre fraicheur nous ferait du bien, même si cette année l’harmattan est plus froid que d’habitude et traine à partir. Nous suivons à la télé les grosses chutes de neige et le grand froid chez vous.

Je vous embrasse,

Madame SINANDJA Moni Martine

Mail du 09/01/2012

Bonjour Catherine,

Ici, aujourd’hui il n’y a pas cours parce que c’est encore la grève des enseignants ; ils réclament une révision de la grille indiciaire pour améliorer les salaires, des primes de bibliothèque, des primes de rentrée, des primes d’éloignement,... Tout ceci est juste, mais le gouvernement ne veut pas discuter sérieusement et prendre des décisions durables ; c’est très dommage. Nous ne savons pas quand les cours vont reprendre. Nous souhaitons tous qu’une solution rapide, durable et consensuelle soit trouvée.

Il y a déjà eu un mouvement de grève qui avait perturbé les compositions du 1er trimestre dans la semaine du 13 décembre ; il n’y avait pas eu cours pendant une semaine. Et c’est ça qui continue.
C’était aussi à cause d’une menace de grève que la rentrée scolaire avait été reportée de 3 semaines. Les 2 universités sont aussi fermées et personne ne sait quand elles rouvriront leurs portes. Et le gouvernement ne dit toujours rien ; c’est grave.

Madame SINANDJA Moni Martine
Directrice du Complexe Scolaire Privé Laïc YANFOUOM

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