Le Togo en 2010 Vision de Martine Sinandja, la directrice du collège

(actualisé le ) par Catherine, présidente

La vie économique  

Contrairement aux années où j’étais élève,à Dapaong aujourd’hui il y a beaucoup de femmes qui travaillent et je peux dire que 80% des femmes qui travaillent (ont des emplois hors de chez elles) ou sont leaders viennent de Mô-Fant.
Cela fait que le niveau économique de la population, des familles et surtout des femmes s’est élevé.
En général au TOGO, je peux dire que la situation économique des gens s’est un peu améliorée. Cela est dû à plusieurs facteurs :
le taux de scolarisation s’est élevé or qui dit scolarisation dit recul de l’ignorance et meilleure auto prise en charge ;
le secteur privé s’est beaucoup développé : plus de boutiques, d’écoles privées, de centres de santé privés, …, ce qui a créé plus d’emplois ;
le développement des petits emplois,….
Le coût de la vie qui s’est beaucoup élevé aussi et la population a augmenté, et on a l’impression que les efforts ne portent pas de fruits. Le gouvernement devrait faire davantage d’effort pour offrir de meilleurs soins de santé à la population, multiplier les centres de santé, les écoles, améliorer les salaires, les infrastructures routières, …

Le développement de Dapaong

Comme toutes les villes, Dapaong se développe. Ce sont surtout les particuliers qui participent à cet effort de développement. Le togolais aime habiter chez lui ; si bien que tout le monde construit sa propre maison, selon ses moyens ; cela fait que vous trouverez aujourd’hui à Dapaong de très belles maisons, œuvres des nouveaux riches, c’est-à-dire ceux qui sont au gouvernement ou dans les hautes institutions étatiques, et aussi des maisons modestes.
La ville s’est agrandie de tous les côtés, si bien que certains villages comme Karsome àl’ouest, koni au nord est, Djangou au sud est, Toaga à l’est,…, sont des quartiers de la ville pratiquement ; les gens y vivent et viennent travailler en ville.

Il y a plus de services ; beaucoup d’ONGs de développement se sont installées et on trouve de beaux bureaux,…

Les infrastructures routières se sont développées, même si elles sont à améliorer.

La situation des paysans

Elle s’est un peu améliorée. Beaucoup d’ONG de développement travaillent à organiser les paysans en groupements, coopératives,… et ainsi leur apportent divers appuis techniques et en matériel.

Mais l’utilisation encouragée des engrais chimiques détruisent les sols, les appauvrissent si bien que les récoltes sont souvent en deçà des attentes. Ajouté à ça la mauvaise pluviométrie et d’autres intempéries comme les inondations, la sécheresse prolongée, la vie des paysans est quelque fois difficile.

Certains paysans qui font des cultures de contre saison ou qui savent faire des petits métiers comme la réparation des vélos,… arrivent à s’en sortir.
Beaucoup comprennent qu’ils doivent privilégier la culture des céréales au détriment de celle du coton qui a beaucoup contribué à appauvrir les sols.

Avec l’augmentation de la population, les terres cultivables ne suffisent pas. Ca fait que des jeunes continuent d’aller vers le sud du pays où les terres sont plus riches, travailler comme métayers ou encore en Côte d’Ivoire ou au Nigeria.

Aujourd’hui nous constatons un fait nouveau qui est positif : beaucoup de paysans mettent leurs enfants à l’école parce que, disent-ils, ils ne veulent plus que leurs enfants soient ignorants comme eux et vivent dans la pauvreté.
Même dans mon collège, je reçois des parents qui y inscrivent leurs enfants. Quand ils n’en ont pas les moyens, ils demandent une réduction de l’écolage pour leur enfant ; c’est pourquoi je remercie infiniment les amis de mon collège qui parrainent des enfants car cela me permet d’accueillir des enfants issus de familles pauvres.

Le travail des femmes revendeuses au marché

Les femmes revendeuses au marché sont le poumon économique de notre région ; elles sont présentes partout et sans elles la vie serait bien triste puisque nous ne trouverions pas ce qu’il nous faut pour vivre. Elles achètent tout, font des stocks, revendent,…c’est infernal.

On trouve sur le marché des légumes frais pendant toute l’année. Le maraîchage s’est développé dans les villages grâce au travail des ONG avec les paysans. Les revendeuses de Dapaong vont dans les villages pour s’approvisionner ; des femmes des villages aussi viennent vendre à Dapaong.

Le marché des femmes s’est ouvert aussi vers Lomé, Sokodé, Kara pour certaines.

Beaucoup d’institutions de micro finance se sont installées à Dapaong, permettant aux femmes revendeuses d’épargner de l’argent, de faire des crédits pour augmenter leurs affaires ou faire des réalisations.

Il n’y a plus beaucoup de femmes qui transportent du bois pour vendre. Pour trouver du bois, il faut aller loin ; on coupe les arbres mais on n’en plante pas ; c’est un autre problème. Actuellement ce sont les gros camions qui vont dans des villages éloignés pour rapporter le bois de chauffe et le charbon de bois dont la vente en ville est toujours assurée par les femmes.

Nous avons un marché construit qui a remplacé les hangars en séko qu’on avait avant. C’est au même endroit. Le gouvernement nous avait offert ce marché pour les 47 ans de l’indépendance du TOGO en 2007. Malheureusement les fonds du projet avaient été détournés et les boutiques qui devaient entourer le marché pour éviter que la pluie mouille les gens n’avaient pas été construites. Personne n’a été inquiété non plus, nous espérons toujours que les boutiques seront construites.

Conclusion

Il fait toujours bon vivre à Dapaong. La solidarité sou tend toujours notre vie. Dapaong se développe, même si comme pour toutes les villes il y a des problèmes inhérents à ce développement.
La vie des gens s’est améliorée en ville comme dans les villages. Néanmoins il reste beaucoup à faire. La pauvreté est toujours là.